Ecrit par le 30,Oct,2015 dans Blog, Fiches sur les oeuvres | 0 commentaire

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Rédacteur de l’article : Fatiha MAKTOUBI, étudiante en Littérature française

 

André Breton, Nadja, 1937

 

     

 

           Nadja est un récit autobiographique écrit par André Breton en 1937. Il s’agit d’une œuvre littéraire emblématique du surréalisme ; loin des codes romanesques traditionnels, Nadja renouvelle l’écriture et la figure du personnage romanesque féminin sous l’influence des découvertes sur l’inconscient introduites par Freud. Le surréalisme a profondément marqué le XXe siècle. Il se manifeste par « le mécontentement » et « la frustration » de la Première Guerre mondiale. De plus ce mouvement veut libérer l’homme des contraintes morales. Le but des surréalistes était de changer le monde en se battant pour la liberté de l’homme. André Breton a contribué à développer ce mouvement. Il était médecin et psychiatre de profession. Breton s’inspirait de la théorie de Freud et tentait d’explorer l’inconscient en auscultant les pulsions, les désirs et les émotions qui influencent l’espèce humaine. Selon Freud l’inconscient peut se définir comme l’ensemble des représentations refoulées par le moi parce qu’elles sont incompatibles avec les valeurs « morales » du surmoi. Les rêves sont, selon Freud, “la voie royale qui mène à l’inconscient” (Introduction à la Psychanalyse 342). Le fait que tout homme rêve est, en psychanalyse, une preuve de l’existence d’un inconscient. Le surréalisme signifie selon Breton « automatisme psychique pur, par lequel on se propose d’exprimer, soit verbalement, soit par écrit, soit de toute autre manière, le fonctionnement réel de la pensée. Dictée de la pensée, en l’absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation esthétique ou morale […] ».

Ce récit suit une triple structure, trois parties identifiables par la mise en pages mais aussi et surtout par leur volume, leur contenu et leur espace temporel. La première partie, appelée « préambule » par Breton où l’auteur cherche à se définir en posant la question « qui suis-je » ; la deuxième, à caractère autobiographique qui retrace le récit de la rencontre de l’auteur avec Nadja ; enfin la dernière partie ou épilogue (initialement nommée conclusion par Breton) qui répond à la quête initiale départ et pose les jalons de l’esthétique surréaliste.

Il sera intéressant de montrer en quoi le personnage de Nadja, personnage anti-romanesque et féminin, incarne l’esthétique du surréalisme.

Pour ce faire, nous verrons tout d’abord dans quel mesure ce récit surréaliste est anti-romanesque puisqu’il ne se réclame d’aucun genre en particulier et en convoque plusieurs à la fois (I) ; après quoi, nous évoquerons le thème central de ce récit la rencontre surréaliste, à savoir la rencontre amoureuse, en évoquant le portrait surréaliste de Nadja (II) ; enfin, nous identifierons les codes esthétiques de l’écriture surréaliste (III).

 

 

I-  Un récit anti-romanesque : l’influence des découvertes sur l’inconscient, le langage de l’inconscient

 

1- Le mélange des genres : le roman de fiction et le roman à clef, l’autobiographie, la poésie, le conte.

2- Un récit non chronologique et morcelé : le langage de l’inconscient

3- Des descriptions textuelles relayées par des images : le refus de la description romanesque

 

 

II- Le thème de la rencontre surréaliste, celle la rencontre amoureuse et de l’amour fou

 

1-Pourquoi le motif de la rencontre est-il original et entame une rupture avec ce qui était fait avant ?

2- Le hasard objectif

3-Le personnage de Nadja emblématique du surréalisme

 

 

III- L’écriture surréaliste

 

1- Le langage de l’inconscient

2- L’écriture automatique

3- Une nouvelle conception du beau et le rejet de toute considération morale

 

 

              Nadja est une œuvre littéraire surprenante qui a choqué le public en premier lieu à cause de sa forme générique. Au-delà de sa structure atypique, déconstruite, c’est un récit anti-romanesque car il mélange les genres littéraires et ne respecte pas les conventions romanesques alors établies et convenues. Ce premier refus s’explique à cause des découvertes sur l’inconscient de Freud. Le souci d’imiter le langage de l’inconscient sous-tend l’œuvre surréaliste de Nadja.

Le 31 août 1927, Breton a écrit « deux parties sur trois » et quitte le manoir où il réside pour Paris. Il fait lecture à Éluard, Prévert et Masson de sa « prose » qui n’est ni un « roman » ni un « récit ». Le mélange des genres est par conséquent un aspect incontournable de ce texte, André Breton mélange au genre du roman de fiction, celui de l’autobiographie, de la poésie et du conte. Breton rejette tout particulièrement le roman de fiction traditionnel et en particulier le roman à clef. Le roman à clef est un sous-genre romanesque qui raconte une histoire vraie et met en situation un ou des personnages réels notables, de façon plus ou moins explicite, sous couvert de la fiction pour se protéger de la censure et les critiquer. Selon Breton le roman à clef est une plate déformation d’une réalité elle-même sans intérêt : « Je persiste à réclamer les noms, à ne m’intéresser qu’aux livres qu’on laisse battants comme des portes, et desquels on n’a pas à chercher la clef ». D’emblée on entrevoit un rejet de cette forme de roman puisque Nadja ne renvoie à aucune célébrité publique, mais juste une maîtresse de l’auteur. Dans le premier Manifeste du surréalisme de 1924, Breton adresse de fortes critiques à l’égard du roman. Il lui reproche son banal réalisme, sa lourdeur terrestre et son manque d’imagination. Tout y est petit, bourgeois, sans fantaisie ni rêverie. La psychologie et les descriptions rebutent particulièrement Breton. Nadja, loin du roman à clef et de fiction traditionnelle revêt un caractère autobiographique, comme nous l’avons souligné plus haut, Nadja, nom inventé, représente une personne réelle, rencontrée par l’auteur le 4 octobre 1926 à « un carrefour » de la rue Lafayette. Très vite, il s’est noué entre eux une liaison obsédante mais qui déçoit Breton et s’achève par un message de Nadja en février 1927. Breton a rompu avec elle de façon absolue ; il refuse de la voir à l’asile psychiatrique où il apprend qu’elle est entrée. À Varengeville, il s’est installé dans « un beau manoir de corsaire », le manoir d’Ango. Il lit Huysmans et réfléchit aux événements récents. Après quoi, il rédige le roman de Nadja en convoquant à la fois sa mémoire et ses notes.

Pour ce faire, l’écriture automatique sera le moteur de l’anti-récit surréaliste. Le récit surréaliste est volontairement morcelé et non chronologique, il mime l’aspect lacunaire de la mémoire de celui qui se souvient et qui veut raconter sa rencontre avec Nadja. Il imite également la structure du rêve et la logique de l’inconscient en apparence irrationnel. Le récit est éclaté et fonctionne par touches successives. Il traduit par ailleurs, les émotions de l’auteur lors de sa rencontre avec Nadja. Breton renouvelle les codes romanesques de la rencontre amoureuse, l’amour fou, la rencontre surréaliste qui déclenche un amour passion irrationnel et intense. L’amour passion apparaît ainsi comme une sorte de folie qui libère et favorise le langage de l’inconscient.

Ainsi, à la manière du rêve, et du fantasme, le langage de l’inconscient est doublement représenté dans ce récit. Breton utilise entre autres le procédé du collage en arts plastiques et associe des supports de toutes natures. Les descriptions textuelles très lacunaires sont relayées par des images : le refus de la description romanesque est au centre de l’écriture surréaliste. Pour accompagner le texte, Breton rassemble quarante-quatre photographies relatives aux éléments qu’il met en jeu. Le personnage de Nadja nous est rarement décrite, ses émotions, ses impressions, ses rêves ou ses fantasmes nous sont présentés entre autre par ses dessins. Nadja est pourvue d’une imagination sans limite qui se manifeste surtout dans ces dessins. (p 127–p172). Elle s’extériorise par ses dessins, son univers mystérieux inaccessible et fascinant. Elle se dessine elle-même en fée, en sirène… Elle extériorise son monde intérieur par ses dessins. Elle ajoute des titres, des légendes, des phrases qui sont souvent irrationnels : « la fleur des amant », p. 139 par exemple est un dessin que Nadja a inventé « cette fleur merveilleuse ». Elle découvre cette fleur pendant une apparition lors d’un déjeuner. Elle voulait donner aux deux regards une expression différente (p140) ces deux regards représentaient probablement le regard de Nadja et celui de Breton. En somme Nadja est pourvue d’une créativité extraordinaire où le monde imaginaire est difficile à séparer du monde surnaturel. De ce fait, le genre littéraire de Nadja, inclassable et volontairement anti-romanesque est emblématique de l’esthétique surréaliste.

 

 

 

Les thèmes et l’esthétique du surréalisme sont longuement décrits dans le Manifeste du surréalisme écrit en 1927. André Breton définit ainsi le surréalisme : « Automatisme psychique pur par lequel on se propose d’exprimer, soit verbalement, soit par écrit, soit de toute autre manière, le fonctionnement réel de la pensée en l’absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation esthétique ou morale ». Aussi, le thème de la rencontre amoureuse, l’amour fou est-il un motif littéraire au centre des préoccupations des surréalistes car elle déclenche et catalyse l’expression de l’inconscient, elle sera ainsi longuement étudiée par les auteurs de ce mouvement.

En effet, le thème de la rencontre amoureuse cristallise l’esthétique surréaliste ; Breton veut avant tout livrer au lecteur une écriture objective de la passion amoureuse, celle qu’il éprouve lors de sa rencontre avec Nadja. Breton parle ainsi d’une rencontre surréaliste. La rencontre surréaliste déclenche chez l’auteur et chez l’héroïne tout un ensemble de phénomènes à la limite de l’inconscient. Elle bouleverse leur « paysage mental » respectif. La passion ou folie amoureuse permet à l’auteur ainsi qu’à Nadja d’exprimer la partie cachée, mystérieuse de leur psychisme, elle libère le langage de l’inconscient.

La rencontre amoureuse dite surréaliste est par ailleurs le fruit d’un hasard objectif ; le poète parle de « pétrifiantes coïncidences », de signaux qui constellent sa rencontre fatale avec la jeune fille. Dans L’Amour fou, en 1937, il reliera les phénomènes « merveilleux » du réel aux forces de l’inconscient : le hasard objectif est compris dès lors comme le « véritable précipité du désir ». Dans Nadja, Breton se plaît à relever quantité d’incidents extérieurs : rencontres, hasards, événements inattendus, coïncidences, rebelles à un continuum logique, mais qui résolvent des débats intérieurs, matérialisent des désirs inconscients ou avoués.

Par ailleurs, le personnage de Nadja est emblématique du surréalisme. C’est tout d’abord une muse moderne qui permet au poète d’échapper au réel et de déchiffrer le surréel, d’accéder à l’invisible, aux sens cachés du monde. Nadja a initié Breton à comprendre le monde et lui a permis de comprendre que « la vie demande à être déchiffrée comme un cryptogramme ». p133. Nadja est l’attestation vivante de l’efficacité de la recherche du surréalisme par son personnage merveilleux, sa créativité sa force de l’inconscient, sa liberté, sa folie. De plus la rencontre entre Breton et Nadja est pleine de mystère que Breton renforce tout en donnant l’impression de la dévoiler. Breton a réussi à se faire un univers surréaliste dans lequel ses imaginations ne cessent de s’extérioriser librement. Par ailleurs, Nadja possède des dons surnaturels (thèmes favoris du surréalisme). C’est ainsi qu’elle déstabilise le garçon de café qui « pris de vertige » (p 114) renverse le vin et casse les onze assiettes. Nadja possède ces dons qui intriguent Breton. Par exemple elle lui prédit l’avenir et «voit»  la futur femme de Breton « brune, naturellement, petite et jolie ».(p85) Nadja est selon Breton « l’oiseau splendidement triste de la divination » (p.105) il s’agit d’une allusion au monde métaphysique. Ces dons surnaturels ont également un lien avec les hallucinations dont elle souffre. Les surréalistes étaient fascinés par le monde irréel mais aussi par le monde surnaturel que l’on ne pouvait pas voir à l’œil nu et plus particulièrement par la voyance. Ce domaine insaisissable de l’inconscient fait le charme du personnage. En outre, elle possède une force imaginative incroyable qui va lui permettre l’évasion. Nadja est isolée du monde réel par sa maladie. Cependant grâce à cette maladie elle est capable de s’évader « sans but aucun » (p.73). En effet, l’imagination de Nadja va permettre au personnage de jouir d’une liberté totale «sans considération pragmatique d’aucune sorte». p 168 « Pure, libre de tout lien terrestre » p104. Elle se définit d’ailleurs comme « une âme errante »

p 82.Elle n’est ni soumise au temps ni aux contraintes de la vie. Elle vie sans aucune préoccupation du monde réel. Cette particularité va beaucoup plaire à Breton. Enfin, on remarque que le personnage de Nadja est souvent assimilé à des personnages légendaires ou mythiques. La vraie identité de Nadja est Léona Del court. Nadja (1902-1941), est une jeune Lilloise qui a débarquée à Paris en 1923. Son existence dans le Nord, où elle a une fille, nous est connue par le récit qu’elle en fait à Breton lors de leur rencontre, le 4 octobre (p. 74). À Paris, elle a exercé de petits métiers pour survivre, vendeuse, figurante ou danseuse mais la vie est dure : « Sa situation financière est tout à fait désespérée » (p. 106), la prostitution rôde « Elle ne fait aucun mystère du moyen qu’elle emploierait, si je n’existais pas, pour se procurer de l’argent, quoiqu’elle n’ait même plus la somme nécessaire pour se faire coiffer et se rendre au Claridge, où, fatalement… » (p. 106). Nadja aime s’imaginer « sous les traits de Mélusine ». (p149).Mélusine est une fée issue des contes populaires qui signifie « merveille » ou « brouillard de la mer ». Il s’agit dans cette histoire d’une certaine femme appelée Mélusine qui fait la rencontre d’un comte nommé Raymondin qu’elle épouse à condition que celui-ci ne la voit pas le samedi. Un samedi Raymondin pris de jalousie, entra dans sa chambre où elle prenait un bain. Il découvre alors que Mélusine à une queue de serpent. Raymondin garde le secret mais le dévoile publiquement peu après une dispute. Mélusine doit alors quitter le château.  Nadja consacre aussi plusieurs de ces dessins à une fée telle qu’une Sirène, une femme- poisson…. Ce lien avec cet esprit propre à l’enfant est caractéristique du surréalisme. En effet ces dessins sont à la fois une illustration du mouvement surréaliste et sont liés à cet esprit pur et propre à l’enfant peint comme un monde merveilleux. Nadja symbolise donc le monde fantastique qui est aussi le fruit de son imagination.

 

 

 

Pour finir, il est indispensable de caractériser l’écriture surréaliste qui parcourt l’oeuvre de Nadja, à la fois ni un « récit » et ni un « roman ». La rencontre amoureuse dite surréaliste bouleverse et déstabilise « le paysage mental » de l’auteur et de l’héroïne. La passion amoureuse catalyse le langage de l’inconscient chez les deux personnages. On recense trois grands procédés l’écriture automatique, le collage et la déconstruction de la syntaxe, l’utilisation du support iconographique en complément du texte.

L’écriture automatique est centrale de l’œuvre de Breton. Elle a été utilisée par les surréalistes comme un mode de création littéraire, permettant de s’émanciper de l’étroitesse de la pensée régie par la raison. Ce point est caractéristique du mouvement surréaliste. C’est au terme d’une quête sur la nature de l’inspiration poétique qu’André Breton formalisa cette technique appliquée à la création littéraire. Elle consiste à écrire le plus rapidement possible, sans contrôle de la raison, sans préoccupations esthétique ou morale, voire sans aucun souci de cohérence grammaticale ou de respect du vocabulaire. L’état nécessaire à la bonne réalisation est un état de lâcher-prise, entre le sommeil et le réveil (proche d’un état hypnotique). Aussi, la rencontre amoureuse vécue sous le mode de la passion est une forme de folie propice à l’écriture automatique.

Le début du récit de Nadja est incompréhensible par sa syntaxe composée de phrases longues qui trouble le lecteur. Après la lecture de la première partie on ne peut comprendre que Breton est à la recherche de soi. « Qui suis-je ». C’est à partir de la page 71 que l’on comprend le récit. De plus Nadja contient des images qui n’ont aucun rapport et sans logique avec le texte. Par exemple à la page 71 on voit la photo de la librairie de l’Humanité. Il s’agit du journal du parti communiste. Cette image n’a aucun lien avec l’histoire qui la suit. Dans Nadja, toutes les caractéristiques du Surréalisme sont visibles. Le texte n’est pas réfléchi, il s’agit d’une juxtaposition d’idées, d’un montage. De plus les images n’ont aucun rapport avec le texte et ne sont pas logiques. Les associations libres, pas très claires et les messages de l’inconscient sont aussi des caractéristiques du surréalisme.

Par ailleurs, Breton joue lors de la rencontre avec Nadja avec les temps. Il veut présenter Nadja en l’actualisant. Il emploie le présent pour que l’histoire soit authentique et pour donner plus de crédibilités à son œuvre « tout à coup alors qu’elle est peut-être encore à dix pas de moi ». De plus la vie personnelle et la relation avec Nadja reste vague. « Je venais de traverser ce carrefour dont j’oublie ou j’ignore le nom ». Les dialogues deviennent aussi flous « A la terrasse d’un café… ». Breton observe Nadja il est fasciné par ce personnage. Il tombe amoureux d’elle et cet amour est réciproque mais cela ne durera pas. Il se rend compte qu’elle souffre d’hallucination et espère la guérir. Il est aussi fasciné par l’inconscient et Nadja était l’occasion pour Breton d’atteindre l’inconscient. Mais par la suite à se désintéresse d’elle « ce qu’elle dit ne m’intéresse moins », « Tout ce qui fait qu’on peut vivre de la vie d’un être, sans jamais désirer obtenir de lui plus que ce qu’il donne, qu’il est amplement suffisant de le voir bouger ou se tenir immobile, parler ou se taire, veiller ou dormir, de ma part n’existait pas non plus, n’avait jamais existé. » Elle ne supportera pas cette rupture et fait une dépression. Elle et se fait interner à Bailleul où elle y mourra. Breton a toujours prétendu avoir été sincère envers Nadja. Breton l’a vraiment aimée. Breton conclut son livre sur une réflexion sur la beauté : elle doit être ni statique, ni formelle, mais oscillatoire « comme un sismographe ». La dernière phrase :  » La beauté sera convulsive ou ne sera pas » sera reprise et expliquée dans L’Amour fou.

 

 

 

Au terme de notre analyse nous avons remarqué que l’œuvre littéraire de Nadja est inclassable du point de vue du genre, à la fois ni récit, ni roman, elle reprend plusieurs caractéristiques de genres littéraire divers comme l’autobiographie, le conte merveilleux, la poésie et le roman à clé. Cet œuvre constitue avant tout l’écriture objective de la passion. La déconstruction du genre littéraire traditionnel du roman est relayée par ailleurs par le traitement original et paradoxal du thème de la rencontre amoureuse, bouleversement du « paysage » mental de celui qui la vit. L’amour est vécue comme une passion qui déroute l’équilibre psychique et le déstabilise. La rencontre amoureuse est ainsi propice à l’épanchement de l’inconscient. Le personnage féminin de Nadja possède une force imaginative et des pouvoirs surnaturels qui cristallisent les pouvoirs de l’inconscient, à la fois muse et maîtresse, elle déclenche chez l’auteur l’amour fou, elle incarne de ce fait l’esthétique surréaliste. Enfin, nous avons caractérisé les procédés de l’écriture surréaliste en application dans Nadja, à savoir l’écriture automatique, le collage, les associations libres et la déconstruction de la syntaxe.

Nadja est une œuvre majeure du surréalisme, elle pose les jalons d’une esthétique nouvelle qui aura de nombreux épigones. Après la rédaction de Nadja, André Breton rédige le Second manifeste du surréalisme en 1930.

 

 

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