Ecrit par le 28,Juin,2014 dans Blog, Genres littéraires | 0 commentaire

 orphée _ Histoire de la poésie

 

L’Antiquité

 

 

En Grèce (VIII-Vème siècle AV. J.C.)

Pour Aristote auteur de La poétique elle comprend trois genres :

épique (notre roman) : Homère

lyrique (poésie au sens actuel) : Sappho, Pindare

dramatique (notre théâtre)

Rome (Ier siècle AV. – IIème siècle AP. J.-C.)

Elle hérite de ces catégories :

– épique : Virgile (Didon et Enée, Enéide,chant IV, de l’Enéide aux images)

– lyrique ou élégiaque : Horace, Tibulle, Properce, Ovide (La mort d’AdonisPirame et ThisbéLes métamorphoses)

Outre le théâtre, on peut y ajouter la poésie philosophique (Lucrèce) et satirique (Juvénal)

Le Moyen Âge

 

 

XIIème siècle

Parallèlement à la poésie philosophique, épique qui célèbre les exploits des héros (chanson de geste), dramatique et religieuse, apparaît la première poésie lyrique d’expression française. Troubadours et trouvères chantent l’amour parfait (fin’amor) dans les chansons courtoises, inspirées de la légende arthurienne (LancelotArthurTristan).

XIIIème – XVème siècle

Une poésie lyrique personnelle se développe (Rutebeuf, et surtout François Villon).

XIVe et XVe s. sont parcourus également par le courant plus formaliste des « Grands Rhétoriqueurs » : explorant les possibilités de la langue française, ils anticipent l’esprit de la Renaissance. Leur poésie toute formelle repose sur des jeux de mots appelés calembours.

 

La renaissance (XVIème siècle)

Le milieu du 16e siècle est une période de profond renouveau pour la poésie française.

Principaux représentants :

– Ecole de Lyon (Maurice Scève, Louise Labé), nourrie d’influence italienne

La Pléiade (1553), groupe de sept jeunes poètes nourris de culture grecque et latine, autour de Pierre Ronsard  et Joachim du Bellay. Ils appliquent les principes édictés dans la Défense et illustration de la langue française (1549) : enrichissement de la langue et recherche de formes nouvelles, inspirées de l’Antiquité. Ils veulent faire mieux que les italiens à qui ils reprennent le sonnet et la conception pétrarquiste de l’amour neoplatonicien.

 

 

Le baroque et le Classicisme (fin XVIème. – XVIIème siècle)

 

 

Européen, le baroque se caractérise par une langue foisonnante et colorée :

Le Tasse en Italie,
Gongora en Espagne,
Agrippa d’Aubigné, Théophile de Viau, Saint-Amant en France.
Il est rapidement concurrencé par les tenants d’une langue plus pure, représentés par François de Malherbe : prônant une langue claire, dénuée d’extravagances, il annonce la doctrine classique de Nicolas Boileau. Les Fables de Jean de La Fontaine sont un exemple de cette poésie classique équilibrée.

Les Lumières, le XVIIIème siècle

 

La poésie des Lumières est une poésie d’idées, proche de la philosophie. Principale figure du siècle en France, André Chénier, continuateur des classiques, n’est véritablement découvert qu’au 19e s. par les romantiques.

Le XIXème siècle

 

Le romantisme  (1820-1850)

Après l’Allemagne et l’Angleterre, le romantisme prend son essor en France autour de 1820. Une génération entière de poètes, marquée par la Révolution, les bouleversements politiques et sociaux, élabore une poésie nouvelle : sacrée, elle a pour mission le déchiffrement du monde et de l’histoire des hommes. Sentiments, exotisme, nature, spiritualité, histoire, mélancolie sont les sources auxquelles puise le poète romantique, devenu prophète.

Principaux représentants : 

– Alphonse de Lamartine

– Alfred de Vigny

– Alfred de Musset, Victor Hugo

– Gérard de Nerval.

Le Parnasse (1866-1876)

Réaction au précédent, ce courant défend l’art pour l’art, dégagé de toute vertu ou utilité. Le but est la pure beauté formelle du poème.

Principaux représentants :

– Théophile Gautier et Théodore de Banville (précurseurs) ;

– C.-M. Leconte de Lisle

– José-Maria de Heredia

– Sully Prudhomme

Charles Baudelaire (1821-1867)

A la fois héritier – il se revendique des romantiques et des Parnassiens – et précurseur, Baudelaire invente une esthétique nouvelle, matrice de toute la poésie moderne. Refus de toute préoccupation morale, goût pour les motifs contemporains, primauté de l’analogie et des sensations pour déchiffrer le monde (théorie des correspondances) préfigurent les théories symbolistes.

Le symbolisme (1870-1890)

S’opposant au Parnasse comme au naturalisme, il entend renouer avec la valeur suggestive et interprétative de la poésie. Elevant le langage jusqu’à son essence musicale, il cherche un nouveau moyen d’expression, qui dépasse la simple représentation réaliste. Objets, sentiments, idées sont évoqués au moyen d’images et d’analogies, qui suggèrent plus qu’elles ne décrivent, allant parfois jusqu’à l’hermétisme.

Principaux représentants :

– Stéphane Mallarmé

– Paul Verlaine

– Arthur Rimbaud

 

 

 

Le XX-XXIème siècle

 

 

Influence de la linguistique, de la psychanalyse, puis de l’informatique, abolition des frontières entre les arts sont les principaux facteurs de mutation de la poésie du 20ème siècle.

L’ «Esprit Nouveau» (1910-1918)

Après un début de siècle hétéroclite, dominé en France par les « poètes de Dieu » Charles Péguy et Paul Claudel, un art nouveau se développe. Guillaume Apollinaire, Blaise Cendrars inventent une poésie nouvelle : rapprochement de la littérature et des arts plastiques, thèmes neufs puisés dans la civilisation moderne, exploration de formes nouvelles d’écriture (calligrammes) et de cultures (exotisme, art nègre), recherche constante de l’effet de surprise jettent les prémices de l’art surréaliste.

D’une guerre à l’autre : avant-gardes européennes…

La guerre et l’échec des valeurs de l’ancien monde, les crises politiques raniment le lien entre poésie et action. Dans toute l’Europe, des avant-gardes entreprennent d’exprimer par l’art la recherche d’un nouveau rapport au monde. A Zurich, poètes, peintres, sculpteurs dadaïstes (1916-1919) se réunissent autour de  Tristan Tzara, pour inventer un langage poétique total et contestataire, un art complet qui soit aussi un mode de vie.

A leur suite, les surréalistes (1919-1939), en Espagne (génération de 27), en Belgique, en Europe centrale, en France derrière André Breton, poursuivent en la théorisant cette entreprise de rénovation de la poésie. Fascinés par l’insolite (beauté du quotidien, du monde urbain, mythologie, arts primitifs), ils recherchent, en explorant l’ensemble des arts (ex: max Ernst et Magritte), une beauté née de l’étonnement et de la surprise. Les mots sont « libérés » dans l’écriture automatique : détournés de leur usage utilitaire, associés de manière inattendue, ils révèlent le merveilleux moderne.

Et voix personnelles …

En France, la veine « classique » ne disparaît pas pour autant : au même moment triomphe Paul Valéry, héritier du formalisme mallarméen.

Parmi les compagnons de route du surréalisme, certains s’en détachent pour suivre une voie propre :Paul Elaurd, Louis Aragon (« Que serai-je sans toi? ») renouent avec le lyrisme, puis se font militants pendant la Seconde Guerre mondiale ; René Char développe une esthétique du fragment, une « parole en archipel », ardue.

D’autres restent délibérément en marge :

– Jules Supervielle
– Pierre-Jean Jouve
– Saint-John Perse.

Après guerre : expériences (1945-1970) …

Le paysage poétique est morcelé. Les grands mouvements ont vécu.

Certains prônent le retour aux choses simples : Jacques Prévert et sa poésie du quotidien, jouant des formules et des mots, ou Francis Ponge et ses poèmes-objets.

D’autres, tels les Oulipiens derrière Raymond Queneau, cherchent dans les contraintes volontaires, les jeux de combinaisons une stimulation de la créativité poétique.

… Et extensions

La poésie marque le pas. De plus en plus confidentielle, elle existe difficilement face aux formes plus populaires, comme le roman. Elle conserve néanmoins son prestige : plusieurs poètes se voient décerner le Prix Nobel de littérature.

La chanson apparaît comme un de ses refuges, de Brassens au rap, en passant par Gainsbourg (exposition Gainsbourg 2008) ou Nougaro.

Les territoires et populations en quête d’identité se tournent également vers elle pour exprimer l’attachement à leurs racines, et particulièrement les pays anciens colonisés (ex : Henri Hiro et Léopold Sedar Senghor).

Poésie numérique (1985-…)

Préfiguré par les expériences des linguistes (OuLIPo), le langage informatique  imprime à la poésie sa plus récente évolution. Née en 1958 en France, la poésie numérique revêt deux formes : générative, elle est fondée sur le combinatoire (Jean-Pierre Balpe) ;animée, elle est visuelle, sonore, intéractive (groupe L.A.I.R.E.).

 

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