Ecrit par le 21,Sep,2015 dans Blog, Genres littéraires | 0 commentaire

la description romanesque

 

 

 

 

 

Quelles sont les fonctions de la description ?

 

La description est une forme de discours propre au genre littéraire romanesque. Elle a cinq fonctions de base :

  • une fonction purement ornementale, esthétique, elle agrémente le récit,
  • une fonction narrative qui consiste à ménager une pause dans le rythme du récit,
  • une fonction explicative, elle nous donne des éléments pour mieux cerner les enjeux de l’histoire ou la psychologie d’un personnage,
  • une fonction propre à l’esthétique réaliste, créer un effet de réel,
  • une fonction métaphorique ou symbolique,
  • une fonction subjective, nous informer du point de vue du narrateur ou de l’un des personnages par le biais des focalisations.

Dans les trois textes du corpus la description permet tout d’abord de brosser le portait moral d’un personnage :

Dans le texte extrait de Mme Bovary de Flaubert il s’agit de l’incipit ou début de roman. Il est question du nouvel élève qui rentre dans la classe. Il détonne des autres élèves, son allure et ses manières gauches font rire et suscitent les moqueries de son entourage. C’est une description en focalisation interne (d’un des élèves de la classe) à connotation dévalorisante du jeune Charles Bovary, le portrait physique est le miroir de son portrait moral. Cette description permet de décrire le personnage de façon réaliste et d’expliquer sa médiocrité. En témoignent les termes à connotations dévalorisantes « une de ces pauvres choses », « le visage d’un imbécile », « trois boudins circulaires ». La casquette décrite longuement ici est un objet qui appartient au monde rural, milieu d’origine modeste de Charles. Les autres enfants n’en portent pas. Placée dans l’incipit du roman cette description doit permettre au lecteur de faire des hypothèses de lectures sur  la suite de l’histoire. Elle nous donne des éléments sur le portrait social et moral de Charles.

Egalement, dans le dernier passage, celui extrait de La vie mode d’emploi de Georges Pérec, la description du lieu, le cabinet du docteur Dinteville nous laisse présager de la psychologie de son occupant. Il s’agit d’une pièce fonctionnelle, sans fioritures : un bureau, du matériel médical, une décoration minimal (deux pots de fleurs, une grande reproduction de Vasarely).  On peut supposer ainsi que le médecin est une personne pragmatique, peu superficielle, qui exerce son métier sans passion mais avec professionnalisme. Les matériaux sont « métalliques », froids et tristes à l’image du personnage. La description du lieu nous permet ici de dresser un portrait moral du médecin.

La description permet en outre d’anticiper sur la suite de l’histoire, de créer des signaux annonciateurs, elle peut-être visionnaire et métaphorique. Dans le passage extrait de La Petite Roque de Maupassant, la description créé un climat d’étrangeté et de peur proche du registre fantastique. La nature est personnifiée et inquiétante. « La rivière qui moussait, grognait, bouillonnait » ; la nature également personnifie un cadavre dans l’eau : « une sorte de cravate en nœud d’écume », « cette chevelure verte qui ondoie au fond des ruisseaux calmes ». La description sert ici à installer le climat fantastique, on hésite entre ce qui est de l’ordre  de réel et de l’irrationnel, cela créé un climat de peur et d’étrangeté qui anticipe sur la suite de l’histoire et tient en haleine le lecteur. Ici la description permet de mettre en scène le registre fantastique.

 

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