Ecrit par le 25,Sep,2015 dans Blog, Fiches auteurs | 0 commentaire

la poésie de Senghor

 

 

Biographie de Leopold Sedar Senghor né à Joal au Sénégal en 1936 et mort en France 2001.

 

 

 

 

« La négritude » : une certaine attitude de l’homme noir face à son destin, la revendication d’une culture, d’une histoire et d’une identité propre. Elle prend le contre-pied des propos des colons occidentaux qui considéraient que l’homme noir n’avait pas de culture, ni d’histoire et que pour être éduqué il fallait qu’il assimile les valeurs de la culture occidentale. Senghor est un pionnier du mouvement de la négritude avec Aimée Césaire, dont il se différenciera par la suite, l’un suivant une voie littéraire et l’autre plutôt politique.

 

Voici les principaux arguments de Senghor :

La culture, l’histoire et la civilisation africaine ont été oubliées pour deux raisons :

  • L’esclavage et le colonialisme en Afrique.
  • Une culture africaine de tradition orale, il n’y pas d’écrits pour l’essentiel.

 

L’homme n’est pas un « sauvage » mais un être civilisé, c’est justement le colon qui a eu une attitude sauvage et irrespectueuse lors de la colonisation.

 

Senghor insiste donc sur son identité source de son inspiration poétique dans ces recueils, un métisse culturel, il a une double culture qui s’est métissée, mélangée :

  • Africaine, il appartient à l’ethnie Sérère (catholique), la lignée des Tabor ; il fait partie de la noblesse Sérère, celle des Guelwar.
  • Française, puisque il a vécu en France et possède une très grande culture française, agrégé de grammaire et membre de l’académie française.

Senghor est un français dit assimilé du fait de son éducation et de sa culture.

 

L’objectif du mouvement de la Négritude chez Senghor est de créer une Civilisation de l’universel en métissant les cultures française et africaine dans ses poèmes.

 

Les partisans de Senghor le considèrent comme un symbole de la coopération entre la France et le Sénégal ; tandis que ces détracteurs, lui reproche une attitude néocolonialiste.

 

Les images poétiques inspirées de l’Afrique que l’on trouve dans les poèmes de Senghor sont les suivantes :

 

  • Il s’inspire du chant incantatoire de la parole mystique africaine utilisée par les Masques dans les danses et les rites africains, « la danse des Masques ».
  • La mélodie du tam-tam africain imprègne la poésie de Senghor.
  • La brousse, la savane, l’aube et le village.
  • Le village africain est au centre de la poésie africaine car c’est le lieu privilégié pour s’imprégner de la culture africaine.
  • Les rites et les cérémonies.
  • Les femmes, les devins (le rôle du prêtre), les griots (poètes africains) sont dépositaires de cette culture, ils la possèdent et la transmettent oralement de générations en générations.
  • Les totems : ce sont des statues qui représentent les dieux.

 

 

La poésie est en verset, écriture du Verbe, une écriture sacrée.

= le poète est par conséquent un devin (il devine l’avenir) qui est inspiré et qui est messager des dieux.

= la prophétie de Senghor c’est la Civilisation de l’Universel après le constat des méfaits de la colonisation et la revendication d’une histoire et d’une culture noire.

 

L’image poétique repose sur les analogies, les parallélismes d’images.

 

Deux recueils poétiques à étudier :

 

Chants d’ombre, 1945 : le chant des morts (aux images poétiques empruntées à l’Afrique, le devin, le griot, le Masque, le totem et la mystique africaine il associe les thèmes occidentaux de la mort, du cimetière, de l’église, de la religion chrétienne). Mélange entre l’imaginaire occidental et africain.

Les Ethiopiques,1956 : l’Ethiopie est le berceau de la civilisation Africaine, c’est la plus ancienne civilisation. Il montre l’existence de la culture africaine dans l’histoire.

 

Autres poèmes :

  • Hosties noires, poèmes Le Seuil, 1948
  • Nocturnes, poèmes, Le Seuil, 1961
  • Lettres d’hivernage, poèmes, Le Seuil, 1973
  • Chant pour Jackie Thomson, poèmes, 1973
  • Élégies majeures, poèmes, Le Seuil, 1979
  • Guélowar ou prince, Le Seuil, 1948
  • Nuit de Sine
  • La ruée de l’or
  • Femme noire
  • Le Lion rouge (hymne national sénégalais)
  • Poèmes divers, Le Seuil, 1990

 

Analyse des premiers vers du poème « femme noire » extrait des Chants d’Ombre

 

Femme noire

Femme nue, femme noire

Paronomase : une femme noire se suffit de sa couleur de peau pour être belle.

La femme noire n’est jamais nue puisqu’elle est noire, elle est vêtue. La couleur de peau a un rôle ornemental.

La femme africaine traditionnelle dans les villages est quasi nue ; les canons de beauté de la femme noire sont antithétiques de la ceux attribués à la femme blanche.
Vêtue de ta couleur qui est vie, de ta forme qui est beauté

Double ornement de la femme noire : la couleur, les formes plus en rondeurs
J’ai grandi à ton ombre; la douceur de tes mains bandait mes yeux

= les chants d’ombre = à ton ombre  (auprès de toi)= ombre = la couleur de peau noire

Mouvement du général au particulier : la femme noire c’est sa mère
Et voilà qu’au cœur de l’Eté et de Midi,

Le climat de l’Afrique qui est un pays chaud.
Je te découvre, Terre promise, du haut d’un haut col calciné

La mère c’est aussi la terre natale. Métaphore filée sur le mot femme : la femme africaine puis la mère, puis la terre natale.

L’Afrique est symbole du nouveau monde, c’est la terre promise.

Et ta beauté me foudroie en plein cœur, comme l’éclair d’un aigle

Femme nue, femme obscure

Deuxième paronomase.

Etc.

 

Deux sources d’inspiration :

« La Chevelure » de Baudelaire dans Les Fleurs du mal où il célèbre la beauté de Jeanne Duval, sa compagne, et « Le Cantique des Cantiques » dans l’ancien testament de la bible.

 

 

 

 

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